Ressourcement, se ressourcer, retrouver sa source et ses racines… Il existe mille et une façons de se ressourcer, qui varient en fonction des personnes, des lieux et des âges. Nous pouvons trouver un ancrage dans un partage familial, amoureux, dans la nature, lors d’une balade ou dans une multitude d’autres choses. Et pour chacun, c’est différent.

De mon côté, ce week-end, j’ai puisé mon énergie dans le travail, l’amitié et la pratique méditative à Grenoble, une ville qui m’est chère pour les 17 années que j’y ai passées.

Me voilà donc nourrie d’une belle énergie après ce week-end Isérois, au cœur des montagnes, le ciel bleu surplombant – la plupart du temps – la ville et la nature aux couleurs naissantes du printemps, illuminé par un soleil éclatant.

Le travail … J’ai la chance d’exercer un métier passionnant qui, au gré des rencontres, m’ouvre sur la diversité des vies humaines. Chaque personne dont je croise la route m’enrichit de son propre regard sur le monde et nourrit mon expérience, contribuant ainsi à d’autres personnes dont je croise la route. Une chaîne humaine en quelque sorte, qui me rappelle que nous sommes tous liés les uns aux autres. Chacun à notre mesure, nous représentons une pierre utile de ce grand édifice qu’est le monde.Source

Les amis … J’ai la chance d’avoir rencontré sur ma route des personnes avec lesquelles une relation authentique s’est tissée, une relation sans faux-semblant où chacun peut être soi-même et qui s’agrémente de joies simples. L’amitié m’apparaît comme un lieu ressource, fait de confidences, d’éclats de rire, rempli du bonheur d’être ensemble. L’amitié est une rencontre entre deux âmes, deux vécus, qui raisonnent. Elle est rare et précieuse. Certains liens se construisent avec le temps, d’autres sont évidents. L’amitié n’a ni âge, ni frontière … Quand elle est là, elle relie les gens d’une manière profonde et unique.

La pleine présence … J’ai la chance d’avoir rencontré sur ma route la méditation de pleine conscience, une pratique qui me relie à moi, à ce qui est bon en moi, à ce qui est douloureux en moi, dans une bienveillance qui favorise ensuite mon ouverture au monde… le monde Humain, le monde de la Nature aussi. Ce week-end, je me suis rappelée la joie presque enfantine de laisser courir mes mains dans un ruisseau, de caresser le tronc moussu d’un arbre, d’observer le déploiement d’un banc de poissons rouges déambulant dans une mare. J’ai médité et mangé avec d’autres en silence, une expérience merveilleuse dans laquelle nous sommes tous égaux et qui me rappelle que le langage n’est pas le seul moyen de se connecter aux autres, de se relier (parfois même, il sépare et stigmatise quand il juge).

Et puis le retour en train … 14 minutes pour prendre ma correspondance et le TER qui avait pris 10 minutes de retard… L’ambiance conviviale et solidaire entre les voyageurs. Il y avait ceux, moins pressés, qui laissaient spontanément leur place devant la sortie. Il y avait ceux qui, tout comme moi, ne disposaient que de quelques minutes pour effectuer le changement de train. Aucun stress, aucun soupir agacé, simplement des sourires et des regards complices se dessinant sur les visages. C’est à cet instant que j’ai pris la mesure de ce qui, tout au long du week-end, me ressourçait : le fait de me sentir un bout d’Humanité, parmi de nombreux autres bouts d’Humanité, tous reliés les uns aux autres.

Et si, malgré les hauts et les bas de la vie, la conscience de cette interdépendance des vies humaines constituait là un lieu de ressourcement immuable, tapi au fond de soi et tout prêt à diffuser sa belle énergie ? La conscience de constituer un chaînon de la grande chaîne qui constitue notre monde, la conscience du lien entre les êtres, voilà un retour aux sources précieux !