Peindre en pleine conscience, quel(s) enseignement(s) ?

A mes heures perdues, je peins… Non pour produire quelque chose, mais avec l’intention d’exprimer l’émotionnel ou les préoccupations qui sont là. Je n’ai pas appris à peindre, je ne sais pas dessiner, mais je prends plaisir et frustration à jeter sur la toile les couleurs qui me plaisent. Le rendu me parait parfois harmonieux, d’autres fois moins. Parfois, je le trouve joli et j’envisage d’accrocher mon exploit au mur, d’autres fois je trouve ma production hideuse. Parfois, je me dis que c’est bien, d’autres fois, je me dis que c’est nul, je ressens alors impuissance et frustration.

Et pourtant, je ne peins pas pour produire quelque chose !!!

L’enseignement que je retire systématiquement de cette activité concerne la manière dont mon mental, encouragé par mon égo, se plait à juger en bien ou en mal chacun des traits que je trace. Au début, chaque jugement m’offrait l’occasion de m’appliquer davantage … et de m’engouffrer dans un perfectionnisme effréné pour améliorer ou corriger chacune des imperfections que j’entrevoyais, comme si celles-ci disaient quelque chose de mon être (plus que de mon manque de connaissance en ce qui concerne les techniques picturales). Or, la peinture ne se constitue que d’imperfections ! Mission impossible donc pour me valoriser à travers mon art ! En général, je n’écoute pas ce principe de réalité pourtant évident… et bien non, je préfère de loin m’obstiner à perfectionner encore et encore, jusqu’au moment où je rencontre une impuissance et une frustration telles que je n’ai d’autre choix… que de tout barbouiller comme une enfant dépitée !! Lors de mes premières expériences, je m’arrêtais là. Je regardais ensuite, chagrinée, le gribouillage ainsi formé, mon égo au taquet pour me lancer à la volée quelque sournoiserie. Et puis un jour, j’ai simplement décidé de me réjouir de cet instant de frustration et de prendre plaisir à peinturlurer mon impuissance dans tous les sens… comme une enfant joyeuse !! Ainsi, j’appris à regarder au-delà de mes gribouillis maladroits, à ajouter de la couleur, de la brillance, à construire et cheminer en suivant les vagues éparses de mon intuition. Je ne peux dire si cela rend mes toiles plus harmonieuses, ce n’est plus du tout important … il me semble simplement que cela les rend – enfin – expressives de mon expérience ! Et aujourd’hui, gribouiller et peinturlurer m’ont amené de la joie ! Quel cadeau !

La leçon de Vie que je tire de cette expérience est la suivante.

Observons toutes les fois où nous nous jugeons en bien ou en mal… Oui, observons avec intérêt toutes les fois où nous connotons notre expérience d’un jugement de valeur… Observons combien d’émois s’y associent. La frustration, la déception, l’euphorie, etc…. Ces émotions s’y associent douloureusement tôt (quand nous nous jugeons négativement) ou tard (ce qui peut parfois se produire quand nous nous jugeons positivement). Si nous jugeons, à son tour, ce vécu-là, nous alimentons la boucle de l’impuissance dont il deviendra de plus en plus difficile de s’extraire. Ceci dit, nous pouvons aussi regarder ces émotions avec respect, avec douceur, avec bienveillance… Leur souhaiter la bienvenue, accueillir leur présence… Qui sait ? Peut-être ces émotions peuvent-elles nous indiquer un chemin différent, une voie dans laquelle le bon et le mauvais s’estompent au profit du vécu vrai, authentique, réel de notre propre expérience, ce vécu respectueux qui nous permet de construire, avancer, cheminer … peinturlurer (joyeusement ou pas).

Et si l’émotion, quelle qu’elle soit, était un appel à davantage de justesse et d’authenticité, une étape nous permettant de nous extraire de notre égo jugeant, afin de nous ouvrir à notre intuition, à notre sensibilité, à une estime de nous-mêmes stabilisée, à un mental apaisé ? Et si le méli-mélo de ce mental tranquille, de ces émotions accueillies et de cette intuition retrouvée nous permettait de nous reconnecter, tout simplement, à notre être profond tel qu’il est et à la Vie telle qu’elle se présente ?

A méditer … ou à peindre ! 😊

Si vous souhaitez apprendre à accueillir et tranquilliser votre mental et vos émotions, ainsi qu’à découvrir les délices de l’instant présent via la méditation de pleine conscience, j’anime un cycle MBCT (thérapie cognitive basée sur la pleine conscience) d’octobre à décembre 2018 à Marquette-Lez-Lille. Une soirée d’information gratuite est prévue le lundi 24 septembre ! Si vous souhaitez vous y inscrire, contactez-moi par mail (estellejoguet@yahoo.fr) et/ou téléphone (06 63 52 64 12) – NB : Le cyle MBCT n’inclut pas d’activité peinture.

Vous trouverez toutes les infos en suivant le lien :

http://estellejoguet-psychologue.fr/index.php/mbct-psychologue-a-lambersart/

Peinture